Les fondateurs du Zen Soto

Zen veut dire "méditation" en Japonais. L’École Zen est une branche du bouddhisme et a donc son origine en Inde avec le Bouddha Shakyamuni. Le bouddhisme s'est répandu dans toute l'Asie du Sud-Ouest, au Tibet, en Chine puis Corée et Japon. En Chine une branche, le "Chan" ("méditation" en Chinois), a connu un fort développement à partir du 8ème siècle et a été transmis au Japon à partir du 12ème siècle sous le nom de Zen. Au 20ème siècle le Zen s'est développé aux USA, en Europe et en Amérique Latine.

Le Bouddha

Le Bouddha est né prince de la tribu Shakya il y a environ 2500 années à Lumbini, ville située dans l'actuel Népal. Son nom de famille était Gautama, son prénom Siddhartha. Comme prince il menait une vie facile. Cependant il a été profondément troublé par les problèmes de sa vie et a quitté son palais à l'âge de vingt-neuf ans pour devenir un moine. Après six années de pratique ascétique, il a réalisé la Voie à l'âge de trente-cinq à Bodhgaya et devenu le "Bouddha " ( Eveillé ). Ensuite il exposa divers enseignements illustrés par la loi de causalité, l'impermanence et la non-existence propre de toutes choses, la paix et la tranquillité de nirvana, la cause de la souffrance et le chemin pour échapper à la souffrance.



L'enseignement s'est transmis de maître à disciple sur près de 100 générations. Parmi les figures qui ont marqué l'histoire du Zen se trouvent:

  • Boddhidharma, un moine indien probablement légendaire, qui a transmis la Voie de l'Inde en Chine et est considéré comme le premier patriarche du Chan
  • Le 6ème patriarche chinois, Hui Neng, à partir duquel le Chan a fleuri en de nombreuses écoles
  • Dongshan Langjie, le fondateur en Chine de l'école CaoDong, appelée Soto en Japonais
  • Dogen Zenji qui a apporté le Zen Soto au Japon
  • Keizan, le 3ème successeur de Dogen, qui a contribué à l'épanouissement du Zen Soto et est considéré comme le 2ème fondateur de cette école.

Dogen Zenji

Dogen Zenji, le fondateur de l'école Zen Soto est né le 26 Janvier 1200 au cours de la période Kamakura. Son père était un ministre du gouvernement. Vraisemblablement le jeune Dogen Zenji a vécu dans le confort mais a fortement ressenti l'impermanence du monde à la mort de sa mère quand il avait huit ans et il a décidé de devenir moine dès l’âge 13 ans.

Déçu par l’état du bouddhisme au Japon il partit en bateau pour la Chine à l'âge de 24 ans à la recherche de la vraie voie du Bouddha. Là il rencontra Nyojo Zenji sur le mont Tendo où il y avait véritable pratique axée sur zazen.
"Je me suis assis jour et nuit en zazen. Quand il était extrêmement chaud ou froid, beaucoup de moines s’arrêtaient de s’assoir car ils avaient peur de tomber malade. À l'époque, je me suis dit, 'Je ne suis pas malade et si je ne pratique pas, alors il sera inutile pour moi d'avoir fait tout ce chemin vers la Chine. Mourir d'une maladie en raison de la pratique serait en accord avec mon souhait original’ et donc je continuais à m'asseoir". Beaucoup de moines japonais partis étudier en Chine ont ramené un monticule de sutras bouddhistes, mais Dogen Zenji est revenu les mains vides avec juste l'enseignement de seulement s’asseoir (Shikan-Taza).

En 1243, suivant les conseils de Nyojo Zenji de «vivre dans les montagnes profondes et des vallées isolées, de protéger l'enseignement du Bouddha et des ancêtres" Dogen Zenji quitta Kyoto et déménaga vers les montagnes de Echizen où il fonda le monastère de Eiheiji. Ce fut là que Dogen Zenji a continué à pratiquer strictement tout en développant ses disciples. En 1253, il tomba malade et mourut à l'âge de 53 ans.

Dogen Zenji a laissé une œuvre religieuse et littéraire extrêmement riche dont « Une recommandation universelle pour Zazen (Fukan Zazengi) », « Un traité sur la Voie (Bendowa)» et son œuvre majeure en plus de 90 chapitres « Le trésor de l’œil du vrai Dharma (Sobogenzo) ».

Keizan Zenji

Keizan Zenji est né en 1264 dans la province d'Echizen. À huit ans il entra au temple Eiheiji et à 13 ans il fut officiellement ordonné moine par Ejo Zenji.

Dôgen Zenji explora le moi intérieur en profondeur. Keizan Zenji fut remarqué pour sa capacité à diffuser largement l'enseignement. Pour l'école Sôtô, les enseignements de ces deux fondateurs sont en étroite relation l'un avec l'autre. Dans leur diffusion de la Voie du Bouddha, l'un d'entre eux était tourné vers l'intérieur, l'autre vers l'extérieur.

Il joua également un rôle important en clamant l'égalité des hommes et des femmes. Il encouragea activement des disciples femmes à devenir nonnes et à résider dans les temples à cette époque où les femmes étaient injustement marginalisées.

En 1321, à 58 ans, il reçut en cadeau un temple qu’il renomma Sôjiji et qui fut reconstruit à Yokohama en 1907 après un incendie. Sôjiji est avec Eiheiji l'un des deux Daihonzan (temples principaux) de l'école Sôtô.

Keizan Zenji mourut en 1325 à l'âge de 65 ans. Il a laissé un livre important, le Denkoroku (Traité de la transmission de la lumière). Ce livre explique les circonstances dans lesquelles le Dharma a été transmis depuis le Bouddha Shâkyamuni aux 28 patriarches en Inde, aux 23 patriarches en Chine, puis au Japon à travers Dôgen Zenji jusqu'à son propre maître Tettsu Gikai.